CHALLENGE ABC 2009

Blog de livres

mardi 21 juillet 2009

Challenge ABC 2009 : Mazel à mi-année...

Au 21 juillet, j'en suis à :

11 livres lus du challenge... dont 4 favoris

8 livres lus dans les "bonus" ... dont 2 favoris

1 livre lu de mon super bonus... (Le Clézio)... encore 3 livres à lire... sais pas si j'aurais le courage...

Note : pour certains des livres restants, j'avoue qu'il y en a quelques uns qui ne m'inspirent plus du tout... enfin bon, il me reste encore du temps avant la fin de l'année...

Ma liste d'origine :

A - Ackroyd Peter - La chute de Troie

B - Bachi Salim - Le silence de Mahommet - lu, moyennement aimé

C - Cañón James - Dans la ville des veuves intrépides - très envie de le lire

D - Delaflotte Mehdevi Anne - la religieuse du gué

E - Enard Mathias - Zone

F - Folco Michel - Même le mal se fait bien - lu - superbe fresque... si bien que j'ai acheté les précédents...

G - Gaudé Laurent - La porte des enfers - lu, bien aimé... 

H - Halter Marek - la reine de Saba - lu, moyennement aimé... j'ai préféré les précédentes "femmes de la bible"

I - Indridason Arnaldur : La voix - très envie de le lire

J - Julaud Jean-Joseph - Camaron - très envie de le lire

K - Kurzem Mark , La mascotte (Noir sur blanc)

L - Lewinsky Charles - Melnitz - lu, l'un de mes favoris de l'année...

M - Magnan Pierre - Chronique d'un château hanté (polar historique) - lu, moyennement aimé...

N - Nothomb Amélie - le fait du prince - lu, déçue comme prévu !

O - Ohl Jean-Pierre - les maîtres de Glenmarkie,

P - Patrice Pluyette - la traversée du Mozambique par temps calme - lu avec difficulté... et sans enthousiasme.

Q - Quiriny Bernard - Contes carnivores - lu, l'un de mes favoris de l'année

R - Rosero Evelio - les armées - très envie de le lire

S - Simmons Dan - Terreur - lu, l'un de mes favoris de l'année...

T - Thilliez Franck - L'Anneau de Moebius (polar) - lu, déçue...

U - Updike Hohn - Trop loin

V - Vercors - le silence de la mer - livre en attente

W - Wiesel Elie - Le cas Sonderberg

X - Xiaolong Qiu - Le très corruptible Mandarin - - livre en attente

Y - Yehoshua Avram B., Monsieur Mani - - livre en attente

Z - Zilahy lajos - les dukay - - livre en attente


BONUS

(livres de la rentrée 2008)

Achache Carole - La Plage de Trouville

Adiga Aravind - Le tigre blanc (inde)

Bensimon Philippe - Tableaux Maudits (shoah) - très envie de le lire

Bonnet Jacques - Des bibliothèques pleines de fantômes (essai) - lu

Bott François - Vel d'hiv

Brooks Geraldine - Le Livre d'Hanna - lu

Carl Hiaasen - Queue de poisson (polar déjanté) - envie de le lire

Ciriez Frédéric - les néons sous la mer - lu, plutôt agréablement surprise...

Constantine Barbara - a Méli sans mélo

Dubois Jean-Paul - les accomodements raisonnables - lu, et serais bien incapable de m'en souvenir...

Effa Gaston-Paul - Nous, enfants de la tradition

Finas Lucette - La dent du renard

Fois Marcello - mémoire du vide

Fournier Jean-Louis - Où on va papa ? - plus du tout envie de le lire

Funder Anna - Stasiland,

Geiger Arno - Tout va bien

Green Eugène , La reconstruction (Actes Sud)

Grangé Jean-François - Miserere - lu, je n'aime pas l'auteur, mais je le lis par curiosité...

Groff Lauren - les montres de Templeton

Jamet Dominique - Un traître

JITKOV Boris - Viktor Vavitch

Lacroix Jean-Yves - Le cure-dent

Lepront Catherine - Disparition d’un chien

Maumejean Xavier - Lilliputia

Monénembo Tierno - Le roi de Kahel - lu, magnifique, l'un de mes favoris de l'année

Piperno Alessandro - Avec les pires intentions

Pynchon Thomas - Contre-jour

Ramsland Morten - tête de chien

Rivas Manuel - L'éclat dans l'abîme : mémoires d'un autodafé

Sand Shlomo - Comment le peuple juif fut inventé (Histoire)

Sebban Olivier - Amapola

Sofer Dalia - Septembre à Shiraz

Sonallah Ibrahim - le petit voyeur

Stanisic Sasa - Le soldat et le gramophone - lu, l'un de mes favoris de l'année

Staraselski Valère - Nuit d'hiver (ile de france)

Sulzer Alain Claude - Un garçon parfait

Zoyâ Pirzâd, Un jour avant Pâques (Zulma) - lu, bien aimé



Super bonus

JMG Le Clézio - La ronde et autre faits divers - lu.
livres anciens
:
chez le bouquiniste

Byrnes Michael- Le Secret du dixième tombeau

Combescot Pierre - Le songe de pharaon

Manfredi Valerio Massimo - le pharaon oublié

Bonnet Jacques - A l'enseigne de l'amitié (giordano-bruno)

Montalban, Manuel Vazquez - Ou César ou rien (Borgia)

Posté par mazel à 17:13 - Divers - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 24 mars 2009

challenge de Mazel : Charles Lewinsky - Melnitz

vendredi 6 mars 2009

Terminé hier soir cette extraordinaire fresque que cette saga familiale dans la plus pure tradition des grands romans du XIXe !

C’est en 1871 que commence l’épopée fabuleuse et terrible de la famille juive des Meijer.

Nous sommes en Suisse et même si l’an- tisémitisme sévit plus qu’en sourdine, rien ne semble encore préfigurer les événements tragiques du XXe siècle.

Entre humour juif époustouflant, tragédies, rituels et traditions, l’oncle Melnitz, mort depuis longtemps, vient dans les moments essentiels, rappeler chacun à un esprit critique et à une analyse éclairée des événements.

Melnitz, c’est la saga de la famille Meijer, une famille juive suisse, de 1871 à 1945 - de la guerre franco-prussienne à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Un grand roman salué comme le Cent ans de solitude de la tradition yiddish.


En 1871, les Meijer - Salomon le marchand de bestiaux, sa femme Golda, leur fille Mimi, romanesque et coquette, et Hannele, une orpheline qu’ils ont élevée, vivent à Endingen, bourgade helvétique qui fut longtemps l’une des deux seules où les Juifs étaient autorisés à résider.

L’arrivée, impromptue, de Janki, un vague cousin, qui s’installe chez eux, va bouleverser ce petit monde clos.

Il aurait, dit-il, vécu à Paris. Il est beau parleur, hâbleur et ambitieux. Il ouvre à Baden, la ville voisine, un magasin " Aux Tissus de France ", et, épouse Hannele la laborieuse, qui va travailler avec lui avant de fonder son propre magasin, les " Galeries Modernes ".

Mimi épouse Pin’has, le fils du boucher et érudit talmudiste, follement amoureux d’elle et qui le restera toute sa vie.

La famille Meijer a commencé son ascension sociale, quitte peu à peu Endingen pour Baden, puis Zürich. Entre dans la modernité. Parallèlement, Janki multiplie les efforts pour être admis dans la société suisse, toujours foncièrement antisémite.

Son fils François va finir, dans le même espoir, par se convertir.

Comme toutes les familles, les générations successives de Meijer vivent leurs amours, leurs drames, leurs succès et échecs professionnels, évoluent -y compris sur le plan religieux - en passant du 19ème au 20ème siècle.

Mais leur histoire est profondément marquée par l’Histoire.

Ainsi, pendant la guerre de 14, Zalman, le gendre de Janki, ancien militant syndicaliste aux Etats-Unis, franchit les lignes de front pour aller chercher son fils Ruben, qui étudie dans une Yechiva au fin fond de la Galicie, où avancent les Cosaques. Cependant qu’ Alfred, le fils de François, est soldat dans l’armée française et tué en Alsace.

En 1937, Hillel - petit-fils de Zalman - ardent sioniste qui se prépare à l’émigration en Eretz Israël - se bat, à Zürich, avec les pro-hitlériens du Front National.

Arthur, le plus jeune fils de Janki et Hannele, devenu médecin, soigne gratuitement les enfants juifs réfugiés d’Allemagne, acceptés pour 3 mois en Suisse, et finit par épouser la mère de deux d’entre eux, afin de lui permettre de recevoir un visa d’entrée en Suisse - laquelle a fermé ses portes aux persécutés.

Ruben, devenu rabbin dans une ville allemande, décrit dans ses lettres une situation de plus en plus sombre, mais refuse d’abandonner sa communauté. Il va disparaître, avec sa famille.

1945 : L’Oncle Melnitz est de retour et raconte. La première phrase du livre prévient : " Après sa mort, il revenait. Toujours. " Il apparaît aux moments cruciaux auprès de l’un ou l’autre des Meijer pour évoquer des souvenirs, souvent tragiques, du passé, leur rappeler qu’ils ne sont pas des Suisses tout à fait comme les autres.

A présent, lui qui sait tout - Melnitz ou la mémoire - raconte aux Meijer survivants, et à qui veut l’entendre, des événements du passé récent, incroyables, " surtout ici en Suisse où l’on a vécu toutes ces années sur une île "…

Synagogue d'Endingen :

Jusqu'au milieu du XIXe siècle Lengnau et Endingen situés à 4 kilomètres l'un de l'autre, sont les seuls villages en Suisse où les Juifs ont l'autorisation de s'installer.

Des juifs commencent à s'établir à Lengnau à partir de

L'acquisition de la terre leur étant interdite, ceux-ci sont surtout des commerçants, des colporteurs ou des négociants en bétail. En 1850 on dénombre 1515 Juifs qui vivent dans les deux villages.

Dès la moitié du

La première

Une synagogue plus grande est donc construite entre 1850 et 1852. Sa façade en trois parties est surmontée d'un pignon en escalier. Au dessus de l'entrée se trouve une horloge, ce qui est extraordinaire pour une synagogue.

La raison de cette horloge est l'absence d'église avec clocher dans le village. La synagogue est l'unique lieu de prière d'Endingen. (wikipédia)


Critique, par Laurence de Coulon :


« Après sa mort, il revenait. Toujours. » Le fantôme de l'oncle Melnitz, comme la persécution à l'égard des juifs, revient toujours.

Melnitz commence par un deuil, et se termine sur un deuil, commence par cette phrase et finit avec elle.

Parallèlement au retour perpétuel, la boucle de l'Histoire se boucle. Si la mort y est très présente, ce grand roman passionnant raconte surtout la vie.

Des personnages romanesques, attachants ou irritants, prétentieux et ridicules, dévorés par l'ambition, ou bons et généreux, trop occupés à s'aimer, à s'enrichir ou à aider les autres pour écouter les histoires horribles de l'oncle Melnitz, véritable véhicule de la mémoire des juifs persécutés, fantôme qui leur apparaît à des moments cruciaux.

Son nom lui-même est une trace de l'histoire subie : son patronyme renvoie à Bogdan Chmjelniski, auteur, avec ses hommes cosaques, de cruautés monstrueuses sur les juifs.

Après la défaite de Bogdan, les enfants des femmes juives épousées et engrossées par les Cosaques furent réintégrés dans leur communauté exsangue et surnommés les Chmjelniski.

Celui qui ne permet pas d'oublier constate : « Dieu nous a punis de nos péchés, nous autres Juifs, en nous affligeant d'une bonne mémoire. Lorsque quelqu'un nous a fait quelque chose de par trop terrible, nous disons : ´Que son nom soit effacé.` Et nous nous en souvenons pour l'éternité. »

Une mémoire à double tranchant en effet, ambiguë comme Melnitz : il donnera sa voix aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, mais il semble également se réjouir lorsque le mal s'annonce : « C'est reparti, dit-il en se frottant les mains comme avant un travail intéressant ou un bon repas. »

Peu présent en terme de nombre de pages par rapport à l'ensemble du livre, c'est pourtant bien lui qui donne son nom au livre. Ainsi Charles Lewinsky montre d'emblée son importance, qui réside dans la régularité de ses apparitions, et dans la force de son discours.

Son insistance est telle que sa fonction de mémoire vivante ressemble à une malédiction, d'autant plus qu'il semble jubiler lorsque ses avertissements – les juifs ne seront jamais en sécurité – se réalisent.

Melnitz a-t-il raison de voir la mémoire comme une punition, et d'affirmer que la persécution n'a pas de fin ?

La Deuxième Guerre mondiale est-elle une culmination de l'horreur, après laquelle l'on tournerait une nouvelle page, comme le suggère l'une des dernières phrases : « Nous allons enfin commencer notre deuil. »? Ou alors elle n'est qu'une horreur de plus, et c'est ce que laisse entendre le fait que Melnitz se termine comme il a commencé, avec la même phrase.

Chaque génération de la famille Meijer reçoit son lot de violence.

Alors que Salomon travaille à sa réputation de marchand juif honnête, sa fille adoptive Hannele se fait proposer des rasoirs pour se couper la gorge chez un coiffeur.

Quand son mari Janki, en 1893, reçoit des invités importants, à la seule fin de se convaincre qu'ils ne voient pas en lui le Juif, mais le commerçant prospère, ils lui parlent de l'initiative populaire visant à interdire l'abattage selon le rite juif.

Alors que François, petit-fils de Salomon, se convertit au christianisme, au grand désespoir de toute sa famille, il se voit tout de même refuser le droit d'acheter la propriété qu'il convoite.

Certains personnages sont dépeints avec une délicieuse ironie, comme Mimi, une jeune fille précieuse, et d'autres ont la carrure des héros de tragédies, ainsi Arthur, un médecin amoureux d'un beau jeune homme.

Aux moments importants de leurs existences, lorsque les émotions atteignent des sommets, le rythme des phrases s'accélère, alors que le reste du roman fait presque oublier l'écriture : le récit des événements emporte comme un torrent.

Cette écriture, parsemée d'expressions en yiddish et en judéo-allemand, autant dans les dialogues que dans la narration, crée une ambiance particulière à l'identité de ces juifs suisses.

Après maintes péripéties, des histoires bousculées par la grande Histoire, Melnitz, magnifique roman de la mémoire, se termine avec la découverte des horreurs nazies par les descendants Meijer, et la fresque sociale et historique se transforme en une injonction ambiguë : « Profitez de la vie, dit-il. Vous avez eu de la chance, ici, en Suisse. » - Laurence de Coulon - http://www.culturactif.ch/livredumois/livredumois.htm


Revue de presse : (bibliobs - Mona Ozouf )
«Melnitz» déroule la saga d'une famille juive qui, arrivée en Suisse en 1871, s'est partagée entre assimilation, révolution et sionisme. Bouleversant

C'est un inquiétant personnage, ce Melnitz, qui traîne derrière lui l'odeur et le froid du caveau. Mort depuis deux siècles au moins, il réapparaît dans la famille Meijer, à l'occasion d'un deuil, d'une bar-mitsva, d'une noce.

Il entre sans s'annoncer, s'assied, écoute, et de temps à autre prend la parole pour un commentaire sarcastique.

Ce qui le met en verve, c'est la confiance que les Meijer témoignent à leur pays - la si paisible Confédération helvétique -, à leurs voisins - tellement bien disposés à leur égard -, à leur propre réussite.

Tu crois, dit-il à l'un de ces ingénus, qu'«il ne peut plus rien t'arriver. Mais tu te trompes. Parfois, ils gardent le silence et nous pensons qu'ils nous ont oubliés. Crois-moi, ils ne nous oublient pas».

Et de dérouler la pelote des persécutions depuis le jour lointain où lui- même, Melnitz, est né en Ukraine, d'une jeune juive violée par un cosaque.

Entre 1871 et 1945, «l'oncle Melnitz» ne manquera pas d'occasions pour nourrir son pessimisme.

Certes le monde change, la famille Meijer prospère, agrandit ses magasins de tissus. Et de même que le shantung moiré supplante les étoffes grossières, la piété se fait moins rigoureuse, la communauté s'ouvre à la modernité. Pourtant, comme l'a pronostiqué Melnitz, la robe de Paris et le dernier rouge à lèvres n'empêchent pas la jeune Rachel d'être immédiatement identifiée comme juive.

Et puisque personne, en effet, n'a oublié, les Meijer doivent s'interroger: qu'est-ce donc qu'être juif? A cette question cruciale, ils donnent trois réponses, sous des bannières antagonistes: assimilation, révolution, sionisme.

La première est celle qu'ont choisie Janki, arrivé de France en 1871, puis son fils François, acharnés à se rendre invisibles dans la foule indistincte des Suisses: de là, les «soirées goys», organisées par Janki à l'intention des notables qu'il abreuve de vins coûteux (l'oncle Melnitz, dans son coin, ricane); de là, plus décisifs et vécus comme un drame par la famille, la conversion de François et le baptême de son fils Alfred.

Melnitz rappelle alors à qui veut bien l'écouter l'histoire des marranes.

Convertis, eux aussi. Et pourtant brûlés, disloqués, mis à mort. «Un juif reste un juif. Peu importe combien de fois il se fait baptiser.»

Son petit-fils, lui, a choisi: élève d'une école d'agriculture et rêvant du retour à Sion, il fait apparaître dans la famille Meijer un type improbable: un juif paysan, un juif vainqueur. Melnitz, perplexe, remballe ses sarcasmes mais reste circonspect. «N'oublie pas, souffle-t-il au jeune homme, de nettoyer ton fusil.»

Il arrive au voyageur d'outre-tombe de s'occuper du bonheur ordinaire. Quand Hannele refuse l'homme qu'elle aime en découvrant qu'il l'a choisie par simple commodité, il grogne:«Tu as donc décidé de devenir une martyre? Que c'est beau! On te couvrira d'éloges. Nous, les juifs, nous aimons les martyrs.» Hannele, fille courageuse et pragmatique, entend le conseil et murmure: «On doit pouvoir vivre avec ça.»

Vivre avec, faire avec: c'est la réponse que donnent au malheur les sagaces et les romanesques, les timides et les audacieuses.

Tandis que les hommes élaborent des stratégies compliquées, souvent chimériques, les femmes dont ce roman égrène les merveilleux portraits - vous ne les oublierez plus - s'en tiennent à des choses simples et éternelles, le sentiment filial, la transmission, la fidélité.

Quand s'achève ce livre bouleversant, impossible à quitter pour peu qu'on l'ait ouvert, on retrouve Melnitz. Moins blême, semble- t-il, et presque ragaillardi par la tragédie qui lui a donné raison. C'est qu'il a changé d'emploi.

Dans son rôle de Cassandre, on l'écoutait peu.

Désormais, on adresse des requêtes ferventes à l'homme- mémoire: mettre des prénoms d'enfants sur des photos sépia, ouvrir des valises abandonnées, retrouver des convois perdus, identifier des ombres, retracer des destins engloutis. «Six millions de nouvelles histoires, dit-il, des histoires incroyables, surtout ici, en Suisse, où l'on a vécu toutes ces années sur une île, à pied sec au milieu de l'inondation.»-Source: «Nouvel Observateur» du 2 octobre 2008.

illustration : la lectrice de Karl Stieler

Ce François a un beau-frère qui a choisi un chemin tout différent. C'est sous le drapeau de la lutte des classes que s'avance ce Zalman Kamionker, venu de New York à Zurich pour le congrès international des travailleurs: il cherche à marier la particularité juive à l'universel socialiste. Pas vraiment assuré que le messianisme politique fasse bon ménage avec la tradition religieuse, Zalman, Américain de Galicie et parlant l'allemand comme un Souabe, consent à être «un méli-mélo, comme il sied à un juif».
synagogue d'Endingen date de l'année 1764 mais elle se révèle rapidement trop petite.
XIXe siècle, ce nombre va rapidement diminuer. Ils ne sont plus que 263 en 1920, et en 1980 il n'y a plus que trois familles juives. Dès l'autorisation de s'installer dans les grandes villes, la majorité des familles ont quitté ces deux villages.
1622 et à Endingen à partir de 1678.

Posté par mazel à 15:29 - Divers - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

challenge de Mazel : Laurent Gaudé - les portes de l'enfer

vendredi 24 octobre 2008

Quoi qu'en dise M. Garcin, j'ai trouvé ce livre passionnant.

La tendance de Jérôme Garcin

Le salmigondis de Laurent Gaudé
Par Jérôme Garcin
Comme chaque fois, les libraires en raffolent (il arrive en tête du palmarès de «Livres Hebdo»), les lecteurs se l'arrachent et les critiques le brocardent.

C'est Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004 pour «le Soleil des Scorta», qui vient d'être fêté par ses 40 éditeurs internationaux à la Foire de Francfort.

Impossible, donc, d'ignorer son nouveau roman.

On aurait aimé l'aimer, ne serait-ce que pour se distinguer de la presse, désobligeante, et se mêler au choeur de ses admirateurs. Mais c'est au-dessus de nos forces.

Le livre s'intitule «la Porte des enfers»

(«Actes Sud, 19,50 euros). C'est vraiment le cas.

Il est question d'un enfant tué, à Naples, par une balle perdue. La mère du petit se coupe les seins et le père va aux enfers, où il libère son fils qui revient sur terre pour torturer son meurtrier, un mafieux.

La thèse de Gaudé est exposée page 140: «On n'est pas mort ou vivant. C'est infiniment plus compliqué. Tout se confond et se superpose.»

Ce pourrait être touchant s'il ne sombrait dans un salmigondis mystico-mythologico-dantesque et n'avait la fâcheuse manie, à la manière d'un Paulo Coelho gore, de faire la morale avec des aphorismes du genre «Les balles ne pensent pas» ou «Le fleuve des Larmes, c'est la torture des âmes».

Pour illustrer son propos, Laurent Gaudé abuse de l'hémoglobine.

A chaque page,

«le sang bat dans les tempes»,

«l'air du port fouette les sangs»,

«le sang lui coule dans l'entrecuisse»,

«le sang bat fort dans les veines»,

«Matteo sent son sang chauffer»,

«Giuliana lui fait bouillir le sang».

La coupe est vite pleine.

Et voici pourtant qu'il y ajoute des :

«cris de goules»,

des «bruissements d'agonie»,

des «vomissures»,

des arbres «tordus sous un vent glacial dans la forêt des âmes»,

«un peuple de fiévreux errant dans le bois hurleur»

et des vaches, non encore répertoriées à l'Inra, qui poussent «des cris de hyène».

C'est vraiment un cauchemar. Littéraire.
J.G.-

Note :

Pas encourageante la critique de Garcin !

Livre en attente de lecture chez moi... déjà que j'avais hésité à le prendre (pas aimé "la mort du roi Tsongor")...

*

la liseuse de Heidi berger
*

définition : Salmigondis, n. m. :

- Assemblage disparate, mélange confus de choses ou de personnes

- Ramassis d'idées, de paroles ou d'écrits formant un tout disparate et incohérent

Ainsi on ne dit plus "inépties" on dit salmigondis, on ne dit plus "partouze" on dit salmigondis, on ne dit plus "ragoût avec des trucs qui flottent" ont dit salmigondis.
proposé par R£L@x publié le 8 Mai 04]-
http://www.absurditis.com/

http://bibliobs.nouvelobs.com/20081023/8001/le-salmigondis-de-laurent-gaude-0

Posté par mazel à 15:24 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

challenge de Mazel : Michel Folco - Même le mal se fait bien

Un savoureux livre de chevet...

Totalement déjanté !

je m'aperçois en plus que je n'ai pas lu les 2 précédents... pas vu que "Dieu et nous seuls pouvons" était le premier d'une série.

Me reste plus qu'a me précipiter dans la première librairie venue pour les acheter.

Ça aura pris cinq ans, mais nous y sommes. Après Dieu et nous seuls pouvons, après Un loup est un loup et En avant comme avant, voici le nouveau grand roman de Michel Folco. Sans doute son meilleur : féroce, hilarant et déjanté.

Pour preuve, voici comment l’auteur lui-même résume le livre qu’il a écrit :


« C’est l’histoire d’un ancien camp romain devenu petit village dans une petite vallée du Piémont victime de l’isolement, des mariages consanguins, d’Alaric le Wisigoth, de la Peste noire, d’un maire mal embouché et d’un médecin atrabilaire.

C’est l’histoire d’un séjour viennois durant lequel Marcello Tricotin croisera Sigmund Freud, rencontrera la Foudre céleste et réussira à séjourner quinze minutes par quinze mètres de fond dans le Danube.

C’est aussi le récit détaillé d’une alliance contre nature entre trois espèces de termites et un maître d’école revanchard qui donnera lieu à une vengeance radicale, exemplaire, édifiante et pour tout dire gratifiante à cent pour cent.


Accessoirement, c’est la résolution définitive d’un mystère historique dévoilant l’identité du père du douanier impérial et royal à la retraite, Aloïs Schickelgruber-Hitler. »
*

Même le mal se fait bien est le dernier roman de la trilogie que Michel Folco consacre à la fratrie Tricotin.

L'action se passe peu après les guerres Napoléoniennes, pendant lesquelles Charlemagne décède peu après son mariage.

L’histoire se concentre alors sur son petit fils, qui pour tenir la promesse faite à son père mourant, quitte son village natale en Italie et part à la découverte de l'histoire de son père & de ses ascendants.

Michel Folco profite de ce voyage initiatique en plein XIXe siècle pour faire plusieurs portraits :

-La domination des autrichiens sur l’Europe et plus particulièrement sur l’Italie ;
-Vienne, ville moderne de l’Europe d’alors ;
-Le fonctionnement de la science et ses errements ;
-Le fonctionnement administratif d’une maison close ;
-L’organisation et les conditions de voyage à l’époque (trains, hôtels, bateaux, etc.).


http://www.cogitorebello.com/2008/03/mme-le-mal-se-fait-bien.html

*

http://fr.canoe.ca/divertissement/livres/nouvelles/2008/11/24/7519011-jdm.html

 
C’est l’histoire d’un ulcère gastro-duodénal et d’une clause testamentaire qui contraindra Marcello Tricotin – un authentique fils de pute – à un périple mouvementé dans le Royaume Austro-Hongrois du début du XXe siècle. C’est l’histoire d’un voyage éprouvant, initiatique et pas du tout jubilatoire où il est démontré que, si les dernières volontés d’un mort sont sacrées, elles peuvent être particulièrement chiantes
.
C’est une histoire de famille lardée de mauvaises volontés, truffée de mauvais sentiments, ponctuée de coups tordus, et durant laquelle le Mal triomphera triomphalement.

Autres titres :

En avant comme avant ! 

Charlemagne ! Drôle de nom pour un drôle de personnage, qui avance dans la vie au gré de ses humeurs, de ses obstinations, au gré des hasards, des rencontres.

Un nom lourd à porter aussi pour cet homme simple, zozoteur insupportable, un valet ordinaire qui ne sera pas épargné par l'extraordinaire.

Fils de la famille Tricotin né à Racleterre-en-Rouergue, frère de Clodomir, Pépin, Dagobert et Clotilde, il dit non le jour de son mariage, écope de la prison et des galères pour avoir avalé des hosties, s'évade, se bat en duel avant de se retrouver embastillé et de s'enfuir à nouveau…

Une existence singulière qui se veut le récit d'une ascension sociale, commencée en meneur de loups, achevée en général-baron, et habilement publiée "sous les auspices de son fils le docteur Carolus Tricotin d'après les archives récemment exhumées et les Chroniques singulières des Tricotin de Racleterre-en-Rouergue".

Michel Folco ne se prive de rien, ni d'invraisemblances, ni d'aventures abracadabrantes, ni d'exagération.

Mais ne doit-on pas exagérer dans un roman palpitant qui prend son modèle chez Paul Féval ?


Un roman historique émaillé de rebondissements, de cape et d'épée, de trésors et de noblesse, où la poésie des noms fait corps avec une fin de XVIIIe siècle mouvementée.

ISBN-10: 2757810820

Un loup est un loup

Des quintuplés, Charlemagne était le plus doué, le plus tenace.

Mais quand son père est mort de la rage, quand les enfants ont été dispersés, il est parti vivre parmi les seuls êtres dont il comprend le langage : les loups.

Emportant le lecteur dans la France féodale du XVIIIe siècle, Michel Folco dévoile une fois de plus son talent si singulier, tissé d'ancien français, d'aventure et d'humour noir.

ISBN-10: 2757802666

Livre déjà lu,

Dieu et nous seuls pouvons

Nous sommes à la fin du 17e siècle dans la campagne française, en Aveyron.

Justinien Trouvé est, comme son nom l'indique, un enfant trouvé.

Il a une particularité : il n'a pas de nez et portera toute sa vie des prothèses en bois.

Confié à la garde d'un couple de gens aimants il a une enfance simple mais heureuse jusqu'à ce qu'il croise une troupe de saltimbanque. S'amourachant de la belle danseuse de la troupe il finira par atterrir dans la prison de Bellerocaille, dépouillé de tout.

Bellerocaille est une ville tranquille, prospère et sure placé sous la protection de la police du seigneur de la ville, le baron de Boutefeu. Mais un jour, un crime atroce met en émoi toute la bourgade : un cuisinier, pour se venger de ses maîtres, a tué le poupon de ces derniers et leur a servi au dîner familial. Seule la peine de mort peut punir un tel crime.

Et justice est rendue lorsque le baron de Boutefeu condamne le meurtrier à être roué et exposé aux yeux de tous jusqu'à ce que mort s'en suive.

Mais un problème se pose. Le baron, radin, n'a jamais pris la peine d'entretenir un bourreau. Or seul un exécuteur assermenté peut infliger la peine de mort sans que cela soit considéré comme un crime.

D'où la devise des bourreaux 'Dieu et nous seuls pouvons'.

Le baron doit trouver son exécuteur des hautes œuvres et vite. Et Justinien Trouvé, bien malgré lui, va devenir le premier d'une longue lignée de bourreaux sous le nom de Pibrac.


La première partie du livre est consacrée à l'histoire de Justinien Trouvé, ses aventures ou plutôt ses mésaventures.

La seconde partie du livre est consacrée à Hyppolite, 7eme exécuteur de la famille et dont la fonction est menacée car les exécutions se font du plus en plus rares au début du 20eme siècle.

Michel Folco a un style irrévérencieux , beaucoup d'humour même s'il est parfois très noir et une verve hors du commun. Son écriture nous plonge avec une telle aisance dans le passé.

On sent que l'auteur connaît bien la période de l'histoire qu'il décrit mais il n'est pas pour autant pompeux.

Les personnages sont finement ciselés, leur caractère coriace parfaitement restitué. Je n'ai qu'un mot pour qualifier ce roman : fameux. J'ai adoré.

Lhisbei "http://rsfblog.canalblog.com/" 

illustration : la lectrice de James Malone

Posté par mazel à 15:14 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

challenge de Mazel : Salim Bachi - le silence de Mahomet


terminé hier soir...

J'attendais beaucoup de ce livre, mais il me semble qu'il ne m'ai pas accepté comme lectrice...

L'impression d'avoir rencontré un petit homme opportuniste, plein de contradictions, pas vraiment ce que l'on attend d'un "prophète"... vraiment peu sympathique.

Sûrement pas vraiment ce que l'auteur avait en tête, mais c'est l'impression que j'ai eu.

Sans compter que le glossaire est vraiment pauvre... et très incomplet pour qui ne connait pas ou mal le monde musulman. Il aurait été tellement plus facile d'avoir des notes de bas de page.

Côté style, pas désagréable, il faudra que je lise autre chose de cet auteur, qui me semble intéressant.

Reste juste, que je suis restée sur ma faim et que j'envisage de lire autre chose sur Mahomet... afin de ne pas rester sur une impression aussi négative.

Mahomet fut un homme passionné avant d'être le prophète de l'islam.

C'est à présent un personnage de roman. Un roman qui se déploie aux alentours de l'an 600 après J.-C., entre La Mecque et Médine, des sables du désert d'Arabie aux abords de Jérusalem.

Nous voyons Mahomet naître, vivre et mourir à travers les confessions de sa première femme, Khadija, de son meilleur ami, le calife Abou Bakr, du fougueux Khalid, le général qui conquit l'Iraq au cours de batailles épiques, et enfin de la jeune Aicha, devenue son épouse à l'âge de neuf ans.

Homme singulier, contesté par les siens au début de sa prédication, Mahomet est un orphelin enrichi par son mariage avec Khadija, bien plus âgée que lui.

Marchand et caravanier prospère visité par Dieu à quarante ans, prophète et homme d'État visionnaire à cinquante, amant et conquérant impitoyable, Mahomet ne cesse de fasciner et d'embraser les âmes plus de quatorze siècles après sa mort à Médine sur les genoux d'Aïcha, son dernier amour.

biographie (wikipédia) :

Voir le blog de l'auteur : http://cyrtha.canalblog.com/

Salim Bachi est né en 1971 à Alger. Il vit et travaille à Paris.

Il a publié trois romans aux éditions Gallimard dans la collection blanche, Le Chien d’Ulysse, La Kahéna et Tuez-les tous qui ont été salués par la critique et ont obtenu plusieurs prix litttéraires.

Il a également publié un recueil de nouvelles intitulé Les douze contes de minuit chez le même éditeur et un récit de voyage, Autoportrait avec Grenade, aux éditions du Rocher.

Ses livres ont obtenu le prix Tropiques, le prix de la Vocation, la bourse Goncourt du premier roman et la bourse prince Pierre de Monaco de la découverte.

Le silence de Mahomet, Roman, éditions Gallimard
2007 Les douze contes de minuit, nouvelles, éditions Gallimard, février 2006.
2006 Tuez-les tous, roman, éditions Gallimard, janvier 2006.
2005 Autoportrait avec Grenade, récit, éditions du Rocher, janvier 2005.
2003 La Kahéna, roman, éditions Gallimard, septembre 2003. Prix Tropiques 2004.
2001 Le Chien d’Ulysse, roman, éditions Gallimard. Prix de la Vocation / Goncourt du Premier roman / Bourse de la découverte Prince Pierre de Monaco.

Avis d'autres LCA :

kouskoul - Lu, apprécié le coté littéraire mais détesté le contenu et l’histoire, qui met plus l’accent sur des rivalités, des haines et la discorde supposé entre les Kalifs plus qu’elle ne raconte l’histoire du Prophète des musulmans.

GANGOUEUS - Salim Bachi est un auteur audacieux, courageux qui a parfaitement réussi son projet de réaliser une fiction sur Mahomet, le prophète de l’Islam. Il utilise magnifiquement son talent pour construire ce texte.

Rencontre avec Salim Bachi
Mahomet à quatre voix - Par Bernard Loupias

Le 18 août dernier à New York, «sur le conseil d'experts de l'islam pour qui cette publication pourrait offenser certains membres de la communauté musulmane et inciter à des actes de violence de la part de certaines minorités radicales», l'éditeur Random House annonçait qu'il renonçait à publier «le Joyau de Médine», de Sherry Jones (1).

Une vie romancée d'Aïcha, la troisième épouse de Mahomet, tout juste retirée de la vente en Serbie en raison des menaces à peine voilées (sans jeu de mots...) d'un mufti local. «Nous espérons que cette affaire servira de leçon pour que ce genre de choses ne se produise plus jamais», avait commenté le saint homme, grand ami de la liberté d'expression.

Quand on évoque ces faits, Salim Bachi ne cache pas son malaise: «Je trouve triste pour un éditeur de renoncer à sa vocation. Ce qui me fait le plus peur, c'est ce type d'autocensure.»

L'intolérance, la violence, Salim Bachi les connaît bien, lui qui a dû fuir l'Algérie en 1995. Entre terrorisme et contre-terrorisme impitoyables, ce n'était plus supportable. «La vie et l'Algérie sont incompatibles», confiait-il alors à Didier Jacob [voir «l'Obs» du 25 janvier 2001: «Je ne crois plus en l'Algérie»].

Des mots derrière lesquels on entendait résonner ceux de Kundera: «Le roman est incompatible avec l'univers totalitaire.» Depuis ses brillants débuts («le Chien d'Ulysse», paru justement en 2001), Salim Bachi n'a donc fait que ça: écrire des romans. Rien de mieux pour tenter de démêler les fils du chaos général, ou se glisser dans les cerveaux les plus malades.

Comme celui du «héros» de «Tuez-les tous», son précédent roman. Difficile d'oublier Pilote - c'est un nom de code -, un des kamikazes du 11-Septembre dont Bachi décrit les dernières heures avant l'attaque. Terré dans un hôtel de Portland, bourré d'alcool et de pilules pour oublier ses doutes, avec à ses côtés une femme ramassée dans la rue qu'il n'arrive même pas à toucher...

«Après avoir montré le pire, il fallait que je mette en lumière ce qu'il y avait de mieux dans l'islam à travers la figure du Prophète. Maintenant, l'interprétation qu'on fera de mon travail ne m'appartient pas...»

Un travail splendide. Fluide et précise, la langue de Salim Bachi retrouve les tonalités du conte, les parfums de la grande poésie arabe comme des chroniques classiques (Al-Sîra, Tabari...), longuement relues pour rendre les plus subtiles nuances de l'univers d'où a surgi le prophète de l'islam et fondateur de la nation arabe (les sources judéo-chrétiennes de l'islam sont notamment finement suggérées).

«Raconter l'histoire de cet homme exceptionnel me tenait à coeur, poursuit l'auteur, mais il me semblait nécessaire que les musulmans - et les non-musulmans -, qui entendent toujours parler de lui par des spécialistes ou des agitateurs, puissent se faire leur propre idée de ce personnage.

Je n'ai rien inventé, j'ai cherché à le cerner à travers les textes, mais j'ai pensé qu'un roman apporterait nécessairement un éclairage plus apaisé sur la figure de Mahomet. Mais je rêve peut-être...»

On voit mal en tout cas ce que le plus sourcilleux des croyants trouverait à redire à ce récit lumineux, à cette polyphonie qui rend à celui qui rêva d'être pour les Arabes à la fois Moïse et Alexandre le Grand tout son poids de chair et de passions bien humaines par le biais de quatre voix. Celles de deux de ses épouses, sans doute les plus aimées, Khadija et Aïcha, d'Abou Bakr, son ami depuis l'enfance et futur premier calife, et de Khalid Ibn al-Walid, ancien ennemi de la nouvelle foi qui après sa conversion devint «le glaive de l'islam».

«Le Coran est un livre très paradoxal, qui apporte à la foi une Révélation et une Loi pour les musulmans. Et c'est peut-être ça qui pose problème actuellement», glisse Salim Bachi. D'ailleurs, les dernières lignes du roman montrent le Prophète sur son lit de mort, entrevoyant ce que certains feront un jour de son message: «Ils prétendront des choses fausses sur ma vie. Ils dresseront le portrait d'un autre homme qu'ils nommeront Mohammad et qu'ils agiteront selon les circonstances. Ils justifieront ainsi leurs turpitudes et dissimuleront leurs faiblesses. Ils seront hors de la sphère de Dieu.»

illustration : la liseuse de Nancy Arbolito

Retrouvant la grâce des contes, «le Silence de Mahomet» brosse un portrait subtil du prophète de l'islam, vu par ses proches. Splendide
Bibliographie :
2008

Posté par mazel à 15:06 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 8 mars 2009

Malavita

Malavita de Tonino Benacquista
J'ai bien aimé !!!
Un caïd de la mafia, repenti, qui essaie d'échapper à la vengeance des ses ex associés avec l'aide du FBI. Sa femme et ses deux enfants partagent son exil.
Un dénouement inattendu.

Posté par edithjeanne à 10:05 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les gadoues

J'ai lu Les gadoues de Philippe Delepierre
Gill, garçon déluré et un peu rebelle, sa famille dont son frère Marcel, trisomique, ses amours et le village avec ses secrets, la période noire de l'occupation qui ressurgit. Je suis un peu restée sur ma faim.

Posté par edithjeanne à 10:01 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 28 janvier 2009

Organisation: SWAP ABC CHALLENGE 2009

ATTENTION LES INSCRIPTIONS SE FINISSENT LE 01 FEVRIER. NE TARDEZ PAS A VOUS INSCRIRE

Bonjour à tous,

Tout d'abord, je vous souhaite à tous une Joyeuse Pâques (mais si c'est la bonne période pour dire ça)
Et pour commencer une bonne année, je vous propose à tous de faire un swap par rapport au challenge.

Alors un swap c'est quoi:

Swap signifie en anglais échange. Il s'agit donc sur un thème donné déchanger un objet ou plusieurs objets. Suivant le réglement du swap, l'objet doit correspondre à tel ou tel thème et le plus souvent il est réalisé par la "swappeuse (ou le swappeur...) qui envoit" pour coller le plus possible aux goûts de la " swappée" (swappeuse (swappeur) qui reçoit).

En clair, vous avez tous dans votre liste des livres que vous avez ou allez avoir mais il y en beaucoup qui vous manque. Et bien lors d'un "échange", vous pourrez compléter une partie de la liste d'une personne en lui offrant un ou deux livres et en retour vous recevrez aussi un petit colis

Remarque: suivant le succès du swap, j'en organiserai sûrement un deuxième, car pour le moment je n'accepte que 20 personnes.

CONTENU DU COLIS

  • Un ou deux livre(s): un grand format ou deux poches
  • Un signet ou plusieurs à vous de voir.
  • Une gourmandise: soit à manger, soit à boire
  • Une petite carte avec un chouette mot

Pour plus d'informations et tous les détails (questionnaire à remplir, condition d'accès): SWAP ABC CHALLENGE 2009

Posté par Biname à 09:13 - Divers - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 8 janvier 2009

Première Lecture du challenge !

Ma première lecture, mon premier coup de coeur....

"Maintenant, c'est ma vie" Meg Rosoff. Livre de poche jeunesse.

" Tout a changé l'été où je suis partie en Angleterre passer quelque temps chez mes cousins. Un peu à cause de la guerre, qui a chamboulé pas mal de choses, évidemment, sauf que de toute façon, avant la guerre je ne me rappelle presque rien - pas de quoi écrire un livre, contrairement à ce qui va suivre. Non, si les choses ont changé c'est surtout à cause d'Edmond. Voilà ce qui s'est passé... "

Ce livre, j'avais envie de le lire depuis un bon moment... C'est pour cela que je l'ai mis dans ma liste pour le challenge ABC et c'est par lui que j'ai eu envie de commencer et grand bien m'en a pris.... Que dire après une si belle lecture ??? OUAH !!!! quelle "claque" !! j'en reste encore bouche bée tellement j'ai été happée par ce roman !

La suite sur mon blog.... : http://karine1926.canalblog.com/

A –  ABECASSIS Agnès Tribulations jeune divorcée

B – BROWN Larry Fay

C – CRAFT Elisabeth Comme des soeurs 

D -  DESPLAT – DUC Anne – Marie Les colombes du roi soleil T1 – T2 – T3- T4

E -  EFSTATHIADI Marie Presque un mélo

F -  FERNEY Alice Les autres

G –  GALLOWAY Grégory La disparition d’Anastasia Cayne

H – HOOPER Mary La messagère de l’au-delà

I –  IBBOTSON Eva La reine du fleuve

J – JANE Calamity  Lettres à sa fille

K – KASISCHKE Laura A moi pour toujours

L – LADJALI Cécile Les vies d’Emily Pearl

M – MCCALL SMITH Alexander  44 Scotland street

N – NIEFFIENEGGER Audrey Le temps n’est rien

O – OLIN Sean Qui veut tuer Britney ?

P – PERRETI Camille Nous sommes cruels

Q – ???

R – ROSOF Meg Maintenant, c’est ma vie LU

S – SETTERFIELD Diane Le treizième conte

T – TOOLE John Kennedy La conjuration des imbéciles

U –  UDALL Brady  Le destin miraculeux d’Edgar Mint

V – VON ARNIM Elizabeth Avril enchanté

W – WERSBA Barbara Notre petite vie cernée de rêves

X – XINRAN Chinoises

Y – YOUNG Elisabeth Petites embrouilles et pieux mensonges

Z – ZWEIG Stephan Marie Antoinette

Lecture BONUS : La recluse de Wildfell Hall  Anne Brontë

Posté par Karine1926 à 21:04 - Divers - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

challenge de Mazel : Dan Simmons - Terreur

En dehors du fait historique, qui m'intéresse, j'aime bien de temps à autre me plonger dans un livre d'horreur...

mélant justement les genres histoire-légende-horreur... et là j'ai été gâtée !


1845, Vétéran de l'exploration polaire, Sir John Franklin se déclare certain de percer le mystère du passage du Nord-Ouest.

Mais l'équipée, mal préparée, tourne court;


Le Grand Nord referme ses glaces sur Erebus et Terror, les deux navires de la Marine royale anglaise commandés par Sir John.

Tenaillés par le froid et la faim, les cent vingt-neuf hommes de l'expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques.


L'équipage est, en outre, en butte aux assauts d'une sorte d'ours polaire à l'aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé.


Quel lien unit cette "chose des glaces" à Lady Silence, jeune Inuit à la langue coupée et passagère clandestine du Terror?


Serait-il possible que l'étrange créature ait une influence sur les épouvantables conditions climatiques rencontrées par l'expédition?


Le capitaine Crozier, promu commandant en chef dans des circonstances tragiques, parviendra-t-il à réprimer la mutinerie qui couve?


L’histoire de l’expédition Franklin passionna autant qu’elle stupéfia l’Angleterre victorienne. La mise au jour récente de plusieurs tombes, permettant de conclure à des actes de cannibalisme, n’a fait qu’ajouter au mystère et ne pouvait que stimuler l’imagination de Dan Simmons…


Entre horreur et fantastique, Terreur mêle avec virtuosité tous les genres, offre des scènes de chamanisme saisissantes et donne tour à tour la parole aux principaux acteurs de la tragédie en train de s’écrire. Dan Simmons invite ainsi le lecteur à tourner, de plus en plus fébrilement, les pages de ce sombre et grandiose récit.


Désigné comme l'un des dix meilleurs livres de l'année 2007 par Entertainment Weekly et USA Today, Terreur arrive enfin en France.


S'inspirant d'une histoire authentique - celle de l'expédition Franklin, qui passionna l'Angleterre victorienne -, Dan Simmons livre un roman sombre et grandiose, d'une intensité dramatique et d'un souffle exceptionnels.

biographie

Dan Simmons (né le 4 avril 1948 à Peoria, Illinois), est un écrivain américain connu principalement pour ses romans de science-fiction d'horreur et policier 


Ses livres sont publiés dans 27 pays.


Il vit à

Près de la maison, une sculpture de 2,43 mètres représentant le fameux Gritche des cantos d'Hypérion monte la garde.


Il a reçu le


Son dernier livre,


The Terror


Un peu d'Histoire


La derniere expedition de Franklin (1845-1847)


Assez ironiquement, le succès remporté par l'expédition contribua également au declin de la carrière de Fraklin en tant qu'explorateur de l'Arctique.


Alors qu'il contribua grandement à la connaissance géographique des terres arctiques, le récit d'un voyage sans incidents fut une piêtre lecture.

Après nombre de voyages, le Ministère de la Marine ne sembla plus manifester d'intérêt pour la conquête des prix "ultimes" -le Pôle ou le Passage du Nord Ouest. L'intérêt déclinant de l'opinion publique et du Ministère de la Marine pour la conquête de l'Arctique allèrent de pair.

Lorsque Franklin rentra de son expédition, la Navy n'avait rien à lui offrir, et encore moins les commandes d'une expédition vers l'Arctique.


Quand en 1830, on lui offrit finalement quelque chose, ce ne fut que les commandes d'une frégate en Méditerranée.


Lorsque cette mission prit fin en 1833, la carrière de Franklin semblait l'éloigner plus que jamais de l'Arctique.


En 1836, il accepta le poste de gouverneur en terre de Van Diemen ( Tasmanie ), dans une colonie pénitentiaire sur les côtes australiennes.


Il y resta pendant six ans, puis se brouilla avec la bureaucracie coloniale qui gouvernait l'île.


C'était une compétition que Franklin ne pouvait remporter. Franklin se mit à dos le secrétaire colonial, le capitaine John Montagu, en réintégrant dans ses fonctions un chirurgien que Montagu avait essayé de congédier. Quand Franklin suspendit Montagu, ce-dernier non seulement ligua la presse locale contre Franklin, mais alla jusqu'en Angleterre défendre son cas devant le gouvernement.

Malgré la renommée de Franklin, Montagu réussit à convaincre Lord Stanley, le Secrétaire d'Etat aux Colonies.


Lord Stanley non seulement lui offrit une autre position, mais émit également une critique officielle à l'égard de Franklin. Londres décida qu'il fallait remplacer Franklin.


Le tort s'ajoutant à l'insulte, Franklin apprit la nouvelle par la presse et non par le Bureau Colonial. Il rentra en Angleterre en janvier 1844 avec le sentiment d'avoir été lésé et fermement déterminé à restaurer son honneur.


En dehors du Bureau Colonial, peu en Angleterre se souciait de ce qui s'était passé en cette lointaine Tasmanie.


Néanmoins, Franklin publia un pamphlet pour défendre ses actions. Peu de gens le lirent et la publication du pamphlet ne lui apporta guère de satisfaction. Cependant, le retour de Franklin s'effectua à un moment opportun.


Il y avait un regain d'intérêt pour l'exploration. L'Antarctique plutôt que l'Arctique en fut la raison. 


En 1839, James Clark Ross avait mené deux navires vers l'Antarctique, l'Erebus et le Terror.


Il fut de retour en 1843. L'expédition fut un succès scientifique -Ross fut le premier à voir les côtes de l'Antarctique.


Le succès renouvela l'intérêt de l'opinion publique pour l'exploration, ainsi que la confiance du Ministère de la Marine.


Malheureusement, la confiance se transforma vite en confiance exagérée.


Toujours à la recherche d'un coup de force auprès de l'opinion publique, le Ministère de la Marine était convaincu qu'on trouverait le Passage du Nord Ouest rapidement -et avec très peu d'efforts.


Les plans pour une autre expédition evoluèrent rapidement, de l'idée au projet, du projet à la préparation. Un projet était prêt en décembre 1844.


L'expédition devait prendre la mer au printemps suivant. Dans le même temps, Franklin avait tenté quelques manoeuvres politiques. Commander l'expédition qui découvrirait le Passage du Nord Ouest marquerait le couronnement de sa carrière. Encore plus important pour Franklin, cela serait le moyen idéal de restaurer sa réputation. Tragiquement, les tactiques politiques de Franklin avaient abouti et on lui offrit la direction de l'expédition.


Une partie de la tragédie s'explique par les buts plutôt ambigus de la Navy et par ses évaluations peu réalises des dangers potentiels.


Si le Ministère avait envisagé l'exploration avec sérieux, le Passage du Nord Ouest n'aurait pas été le but à atteindre et Franklin n'aurait pas été choisi comme capitaine. A cette époque, il avait soixante ans et un fort embonpoint. Mais la découverte du Passage était secondaire par rapport aux relations publiques, de plus le Ministère, en cas de succès, récolterait les lauriers de la découverte.


Effectivement, si l'opinion publique était l'objectif, alors Franklin représentait le choix idéal. Qui aurait été mieux placé que le héro populaire de l'exploration de l'Arctique pour mener à bien cette expédition ? Tant que le succès paraissait assuré, Franklin était le favori. Et le succès semblait possible. Presque toutes les expéditions s'en étaient retournées saines et sauves. Bien que la première expédition de Franklin avait fournit les preuves des dangers existants, Franklin lui-même avait reussi à les surmonter.


L'Erebus et le Terror 


L'Erebus et le Terror prirent la mer le 19 mai 1845 avec 134 hommes à bord. Lorsque les navires atteignirent le Groënland, on renvoya cinq hommes invalides chez eux.


Les navires naviguèrent vers le nord, par la Baie de Baffin, l'étendue d'eau séparant les îles Baffin du Groënland.

Un baleinier rapporta avoir vu l'Erebus et le Terror pris dans un iceberg le 25 juin 1845. Ce fut la dernière fois que l'on vît l'expédition.


On avait espéré avoir des nouvelles de l'expédition en 1846 -probablement par l'Alaska. Les plus optimistes s'attendaient à ce que le navire atteigne le Passage du Nord Ouest et émette un rapport depuis le Détroit de Beiring, le bras de mer séparant l'Alaska de la Russie. Aucune nouvelle ne vint, ni en 1846, ni en 1847.


Cela n'affecta pas le Ministère de la Marine. D'ailleurs, il n'était pas inhabituel que les expéditions vers l'Arctique demeurent en Arctique pendant plusieurs années. John Ross, menant une expédition en 1829, fut contraint de passer quatre hivers en Arctique. Il rentra miraculeusement, en ayant perdu seulement trois hommes.

Les recherches pour retrouver Franklin 


L'exemple de Ross réassura bon nombre au Ministère de la Marine, on était convaincu que Franklin finirait par rentrer au pays.


Au début de 1847, Ross lui-même commenca à avoir des doutes. Il affirma qu'il était crucial de retrouver l'expédition cet été même.


On ignora le conseil de Ross pendant au moins un an.

Finalement, au début de 1848, les officiels firent part publiquement de leurs inquiétudes.


En mars 1848, le Ministère de la Marine offrit une récompense de 20000 livres à qui porterait secours à Franklin. Les recherches devaient s'effectuer à la fois par terre et par mer -une expédition partant de l'embouchure du Mackenzie devait explorer à l'est, le long de la côte Arctique.


James Clark Ross, avec deux grands navires, partit en mai 1848 en espérant suivre la route que Franklin avait empruntée au nord-ouest de la Baie de Baffin.


Certains suspectèrent Ross de n'être pas tant intéressé par secourir Franklin qu'il ne l'était par la possible découverte du Passage. Les expéditions de 1848 ne trouvèrent ni trace du Passage, ni trace de Franklin. D'ailleurs, on n'eut aucune nouvelles des expéditions elles-mêmes jusqu'à leur retour, en novembre 1849. Ils n'avaient rien trouvé.


Le glas de la mort, associé aux expéditions de Franklin commenca à retentir. Alors que Ross n'avait trouvé aucune trace de l'équipage de Franklin, il rapporta que six de ses hommes avaient peri lors des recherches.

Six autres expéditions partirent en 1850. 


En août, on retrouva, sur l'île de Beechey, les tombes de trois hommes qui avaient peri en 1846. Les hommes avaient appartenu à l'équipage de Franklin. Il était certain que Franklin avait réussi à naviguer à travers les détroits de Lancaster et de Barrow, mais il ne laissa aucune indication quant à la route qu'il entendait suivre.

L'Investigator fut l'un des vaisseaux qui prit la mer en 1850, sous le commandement de Robert McClure. Au lieu de naviguer vers la Baie de Baffin, McClure devait commencer ses recherches à l'ouest, à travers le detroit de Beiring et explorer la côte de l'Alaska.


En octobre 1850, McClure decouvrit le Passage du Nord Ouest, un vague prix que tout le monde recherchait. Londres n'apprit la nouvelle de cette découverte qu'en octobre 1853. Peu de temps après avoir reçu la nouvelle, le Ministère de la Marine annonça qu'il s'apprêtait à retirer de ses livres les noms des membres de l'équipage de Franklin. La Navy déclara les hommes officiellement morts et avait l'intention d'abandonner les recherches.

C'est seulement en 1854, qu'on put faire plus de lumière sur ce qui était arrivé à l'expéditon de Franklin. John Rae, un explorateur de l'Arctique travaillant pour la companie de la Baie d'Hudson, passa l'hiver sur la péninsule de Boothia, au nord de la Baie d'Hudson.

En avril 1854, un Esquimau lui raconta l'histoire d'un équipage d'hommes blancs qui mourut de faim quelques années plus tôt.


L'homme qui raconta l'histoire avait même en sa possession une toque, trouvée, avait-il dit, près des corps.

Rae ne demanda pas à l'Esquimau de le conduire près de l'expédition échouée, mais lui offrit une récompense pour tout artefact trouvé là où les hommes étaient supposément morts.

Les preuves collectées par Rae étaient suffisantes pour obtenir la récompense promise par le Parlement, alors réduite à 10000 livres.


L'épouse de Franklin, Lady Jane Franklin, malgré la douleur, fit pression sur le Parlement et la Navy pour qu'ils continuent les recherches.


Dans une dernière tentative pour comprendre ce qui était arrivé à son mari, elle fit l'acquisition d'un petit bateau à vapeur, le Fox, pour 2000 livres et engagea Leopold M'Clintock pour le commander.


L'équipage du Fox était composé de 25 hommes, contrairement aux 129 de l'équipe de Franklin. Jane Franklin voulait que M'Clintock menât ses recherches dans la région autour de l'île King William, région où les autres expéditions n'étaient pas encore allées. M'Clintock fut prêt à partir seulement en juin 1857, ce qui était déjà trop tard pour éviter les glaces hivernales.


En avril 1858, les glaces dans lesquelles il avait été emprisonné, commencèrent à fondre.


Cependant, il fallut attendre juillet pour que des routes situées si au nord soient assez dégagées pour lui permettre d'atteindre l'île King Willliam. Alors que la glace semblait couper toutes les routes que M'Clintock voulait emprunter, il put, en septembre, ancrer le navire au nord de la péninsule de Boothia, non loin de la destination qu'il voulait atteindre.


En février 1859, M'Clintock, voyageant vers le sud, le long de la côte de Boothia, rencontra des Esquimaux. L'un d'entre eux portait un bouton d'uniforme de la Navy et M'Clintock offrit une récompense pour toutes reliques rapportées.


Les Esquimaux rapportèrent un certain nombre de reliques et racontèrent l'histoire d'un groupe d'hommes blancs qui mourut de faim quelques années auparavant. Ils se souvinrent également de deux navires, dont un avait sombré. Les membres de l'expédition de Franklin ne furent pas disposés à poursuivre une expédition par voie de terre.


C'est en explorant les côtes de l'île King William, en mai 1859, que M'Clintock trouvât un squelette humain.


Il était clair, d'après les lambeaux de vêtements, que le squelette était celui d'un marin. M'Clintock avait ordonné au lieutenant William Hobson d'explorer la côte nord de l'île King William.


Alors que M'Clintock explorait vers le sud, Hobson trouva un cairn contenant une feuille de papier avec deux messages. Selon le premier message, l'expédition allait pour le mieux, c'était le 28 mai 1847.


Cependant Franklin était décédé un mois après le premier message, en juin 1847, selon le second message. La note ne précisait pas les circonstances de la mort de Franklin. Le deuxième message, daté du 27 avril 1848, relatait des détails lugubres.


Vingt-quatre des membres de l'équipage etaient morts et les survivants avaient décidé de se diriger vers le sud, vers la rivière Great Fish. La note indiquait que l'Erebus et le Terror avaient été pris dans la glace en septembre 1846 et n'avaient pu s'en degager.


M'Clintock trouva davantage de preuves au fur et à mesure de ses recherches sur l'île King william. L'équipage de Franklin faisant retraite, avait abandonné un bateau de 700 livres sur un traîneau de 650 livres.


L'équipage avait également laissé derrière lui ceux qui étaient trop faibles pour voyager. A l'intérieur du bateau, M'Clintock trouva deux squelettes, reliques de ceux qui avaient été abandonnés. Ceux qui continuèrent ne furent pas assez solides pour tenir pendant le voyage vers le sud et moururent en cours de route.


Ayant trouvé les preuves de ce qui était arrivé à l'expédition de Franklin, M'Clintock se mit en route pour l'Angleterre, qu'il atteignit en septembre 1859. Ceci mit fin aux recherches pour retrouver l'expédition de Franklin.


Au moment où M'Clintock commença à explorer l'île King William, nombre de preuves concernant l'expédition avaient disparu. Cependant, ce qu'il trouva était suffisant pour montrer que l'expédition avait échoué et comment la plupart des membres avaient peri.


D'après les preuves collectées, il semble que la maladie, le scorbut particulièrement, ait décimé la plupart des membres de l'équipage.


L'empoisonnement au plomb, dû aux soudures des boîtes de conserves, y contribua pour une grande part. La méthode, classique à l'époque, consistant à saler la viande pour la conserver détruisit la vitamine C qu'elle contenait et la ration quotidienne de jus de citron ne fut guère suffisante pur lutter contre le scorbut dans l'Arctique.


De la viande fraîche, qui aurait pu être obtenue par la chasse ou achetée aux Esquimaux vivant dans la région, aurait fournit les vitamines dont l'équipage avait besoin.


Malheureusement, l'expédition dédaigna les méthodes locales ainsi que la nourriture qui permettait aux Esquimaux de survivre.


Le manque de vitamine C conduisit au scorbut, le temps que les hommes devaient passer en Arctique en souffrant de la maladie fut fatal pour eux. Les pires symptômes de scorbut apparaissaient, en général, la deuxième année après les expéditions en Arctique.


Beaucoups d'expéditions en avaient réchappé en partant avant l'apparition du scorbut. L'expédition de Franklin, vivant presque uniquement de viande salée, fut forcée de rester en Arctique plus longtemps qu'il n'était sauf. Une fois cette date atteinte, l'équipe commença à mourir peu à peu.


En 1829, Ross avait survécu quatre hivers en Arctique, mais il avait su adopter les habitudes alimentaires des Esquimaux et leurs chasseurs les ravitaillaient en viande. Ironiquement, l'expédition de Ross avait reussi à survivre dans la region même où Franklin devait mourir plus tard -la terre entourant la péninsule de Boothia et l'île King William.-http://www.lordfranklin.com/French_Second.html


Ce que Franklin avait accompli au cours de sa deuxième expédition lui valu plus tard les gallons de chevalier.
, paru en 2007 aux Etats-Unis (publié sous le nom Terreur en 2008 en France) est un roman d'horreur retraçant l'expédition de Sir John Franklin avec deux bâtiments conçus pour l’exploration polaire, le HMS Erebus et le HMS Terror, disparus corps et biens dans le Grand Nord en 1845
Prix Hugo en 1990 pour son roman Hypérion qui forme avec La chute d'Hypérion le récit Les Cantos d'Hypérion.
Longmont, près de Denver, dans le Colorado, aux États-Unis avec sa femme Karen et sa fille. Son lieu de prédilection pour écrire est sa maison secondaire, située en pleine montagne à Windwalker au sud du Parc national de Rocky Mountain.

Posté par mazel à 18:00 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



« Accueil  1  2   Page suivante »